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Le site de Egenoyama

  On ne peut pas dire qu'il n'y ait pas d'actualités archéologiques, mais...
  Je ne sais pas, le fait d'avoir eu le droit de fouler pendant 3 heures le sol d'une supposée tombe impériale a peut-être relancé l'intérêt du public (des journalistes) pour la période kofun. Il n'y en a que pour elle :


(tous les articles précédés d'une étoile traitent de la période kofun)
(les deux articles sur le Yayoi parlent 1- de
l'expo sur les tokushu kidais de Kashihara ; 2- du classement du site de Kanzaki. La pointe de l'actualité, donc)


  Donc, en cette période creuse, voici la présentation du site de Egenoyama, que nous évoquions ici.



  Egenoyama (会下山遺跡) établissement de hauteur situé dans la préfecture de Hyōgo, ville de Ashiya, sur la montagne Rokko, surplombant la rivière Ashiya est un Site Historique National.
  Comme précisé dans l'article précédent, le site de Egenoyama comporte à la fois des caractéristiques militaires et une dimension domestique. Il est occupé du début du Yayoi Moyen au début du Yayoi Récent, mais le mobilier le plus abondant date du Yayoi Récent.
  Il a été trouvé en 1956 et a été depuis l'objet de nombreuses campagnes de fouilles.
  Les vestiges s'échelonnent entre 160 et 200 mètres d'altitude.













Commençons par un plan (incomplet) du site pour situer :



  Incomplet car il manque l'emplacement 「S」 au soment de la montagne (200 mètres d'altitude), duquel on a une magnifique vue à la fois sur la mer et sur la plaine.

  L'emplacement 「S」 comporte une habitation semi-enterrée de 6,4 m x 6 m. On y a trouvé du mobilier lithique et céramique, des bivalves. La présence d'un très grand nombre de grands plats (大皿) en céramique au centre du bâtiment dans une dépression laisse penser que le lieu avait une vocation rituelle ou sociale importante et qu'on y donnait des banquets.
  L'emplacement 「Q」, légèrement en dessous, est également considéré comme un lieu à vocation rituelle, avec des groupements de pierres et une pierre dressée.

  Un peu plus bas (vers 180 m d'altitude), une habitation semi-enterrée se détache du reste du village : elle est séparée des autres habitations par une palissade en bois et mesure 57 m². Il s'agit probablement de l'habitation du chef du groupe ou d'un lieu de rassemblement communautaire.

  Le village, en dessous, enclos par un fossé, comporte 7 bâtiments : 5 habitations, une structure semi-enterrée de petite taille à proximité d'une habitation, et un bâtiment à plancher surélevé considéré comme un grenier.
  L'habitation E est ronde, elle porte les traces d'au moins deux réfections. Elle mesurait au départ 5 mètres de diamètre, avec un sol de niveau. Plus tard, elle a été agrandie pour mesurer 6,5 mètres de diamètre, avec un sol semi-enterré.
  L'habitation C était au départ carrée, semi-enterrée et mesurait 7 mètres de côté. Elle a été rénovée en habitation ronde. On remarque un fossé à section en V dans le sol de l'habitation, qui peut servir pour le drainage ou pour partitionner l'espace. À côté de cette habitation, on trouve une autre structure semi-enterrée, de 2,3 mètres de diamètre.
  L'habitation N est pour moitié de niveau et pour moitié semi-enterrée. Elle mesure 6,4 m x 5,6 m. Elle est bordée par un fossé sur son bord ouest.
  L'habitation X est circulaire, elle mesure 5 mètres d'est en ouest et 6,2 mètres du nord au sud. Elle est entourée d'un fossé, discontinu vers l'est pour permettre l'accès à l'habitation.
  L'habitation L est elle aussi à moitié semi-enterrée et à moitié de niveau. Elle ne comporte pas de phase d'occupation du Yayoi Moyen. Elle mesure 7 à 8 mètre de diamètre, et comprend une zone pavée au nord de l'habitation.

  Le bâtiment J est considéré comme un grenier à plancher surélevé, sur 4 piliers. Il a d'ailleurs été reconstitué sur place.




  Le site est complété par
- trois foyers en fosse (dont un à l'emplacement N' sur le plan), qui peuvent avoir servi de cuisine commune ou bien de foyer d'alerte.
- un dépotoir (emplacement U)
- un cimetière (emplacmeent M), avec 4 tombes en fosse ovales, dont une contenant un cerceuil en jarre (kamekan)
- une source (avec une fontaine en bas du site)

  Des fouilles plus récentes (2009) ont également révélé un foyer en fosse qui pourrait avoir servi à produire du mobilier en métal.



 On a également remarqué que le site, très escarpé, avait été l'objet de travaux de terrassement pour le rendre plus facilement pratiquable, avec le creusement de grandes marches.


(oui, ça n'est pas évident sur les photos... une petite coupe strati ?)


(Sans aucun rapport, vous pouvez remarquer que les japonais sont indiscutablement les rois de la coupe strati...)


  En ce qui concerne le mobilier, comme on peut s'y attendre dans un établissement de hauteur, on trouve du mobilier à vocation militaire, mais celui-ci est relativement peu important. Il est constitué de pointes de flèches en pierre, en cuivre et de 8 pointes de flèches en fer. Les pointes en fer sont très grosses, avec des barbelures, et on a également retrouvé un carreau d'arbalète en bronze importé du continent.



  Le mobilier lithique comporte aussi des haches, des poinçons, des poids de filets, des grattoirs, des couteaux...


(une partie du mobilier lithique)

  Le mobilier métallique comporte quant à lui des haches, des ciseaux, des hameçons, des petits couteaux et 6 yarigana (haches très larges). Le site a également livré de la céramique yayoi en grande quantité (tsubos, kames, takatsukis, oozaras) et 14 perles en verre bleues.


(une partie du mobilier métallique)

  Il est évident qu'il s'agit d'un habitat et pas uniquement d'un site à vocation militaire. Malgré l'emplacement peu propice à l'agriculture, les habitants possèdent du grain qu'ils entreposent dans le grenier surélevé. Ils se le procurent par commerce avec les habitats contemporains des plaines, ou bien cultivent eux même une partie des terres de la plaine. La découverte de poids de filets et de hameçons en fer sur le site indique que les habitants se déplaçaient sur des distances conséquentes pour pratiquer la pêche, donc pourquoi pas l'agriculture ? La céramique, quant à elle, traduit des contacts avec la plaine de Hanoi (Ōsaka).
  On peut dès lors se demander ce qu'ils commerçaient : s'ils ne cultivaient pas de riz dans la plaine, ils pouvaient avoir une économie basée sur la chasse, ou bien en relation avec le caractère probablement rituel des deux emplacements au sommet de la montagne
. Ils pouvaient également recevoir un tribut en échange de leur surveillance des alentours et de l'allumage de foyers d'alerte en cas de danger.
  On remarque que le site est abandonné immédiatement à la fin du Yayoi, lorsque la situation politique se stabilise (hypothétiquement avec l'accession au trône de cette chère Himiko) et que son emplacement est si peu favorable qu'il n'y a aucune autre occupation jusqu'à la période actuelle.


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